Kinshasa, 11 Novembre 2022 – Les activités néfastes de Perenco S.A, deuxième compagnie pétrolière française et seul opérateur pétrolier en République démocratique du Congo (RDC), ont été sous les feux des projecteurs d’un rapport d’Investigate Europe, Disclose et EIT (Environmental Investigative Forum). L’entreprise est désormais assignée devant la justice française ce mercredi 9 novembre par deux associations “Les Amis de la Terre France” et “Sherpa”, en raison des dégâts écologiques causés par les activités pétrolières du groupe à Muanda, dans la province du Kongo-Central en RDC.

Vue aérienne du village de Lac Paku dans la forêt de tourbières près de Mbandaka, République démocratique du Congo. Greenpeace documente la recherche au sol des données satellitaires sur les vastes zones de tourbières récemment découvertes par les scientifiques dans les marécages de la forêt tropicale du Bassin du Congo, ainsi que les communautés affectées et l’environnement naturel. On estime que la région tropicale la plus riche en carbone au monde stocke l’équivalent de trois années de la totalité des combustibles fossiles mondiaux.

« La multinationale pétrolière est mise en cause depuis des années dans de nombreux rapports, enquêtes et interpellations du Sénat congolais, d’associations locales et d’ONG internationales pour des atteintes graves à l’environnement et à la santé des populations dans la région littorale de Muanda, à l’ouest de la RDC.» affirment les deux associations de défense de l’environnement.

L’exploitation pétrolière du groupe Perenco S.A. prend place dans la région qui offre le seul accès du pays à l’océan atlantique, accueillant l’embouchure du fleuve Congo. Cette zone est composée d’écosystèmes uniques et abrite une biodiversité très riche. On y retrouve aussi une partie de la réserve naturelle du Parc Marin des Mangroves. 

Selon plusieurs études scientifiques et rapports rendus publics , les méthodes d’exploitation pétrolière du groupe Perenco seraient à l’origine de 167 cas de pollution qui toucheraient l’ensemble des éléments constitutifs de l’environnement de Muanda (espèces, air, sols, eaux de surface et souterraines), provoquant des décès prématurés et de graves problèmes de santé pour les communautés locales.

« Les ennuis judiciaires de Perenco nous rappellent qu’il n’existe pas de moyen propre et sûr de forer du pétrole, de le brûler ou de le transporter », a déclaré Irène Wabiwa, Responsable internationale de la campagne de Greenpeace pour les forêts du bassin du Congo. Elle ajoute: « Même les technologies modernes utilisées par la 2e plus grande compagnie pétrolière française ont entraîné des conséquences dévastatrices pour les communautés congolaises et la nature dont nous dépendons.»

La RDC a lancé des appels d’offres de 27 blocs pétroliers, y compris des zones de forêts tropicales et de tourbières, et 3 blocs gaziers. Les appels d’offres ont suivi la signature d’un accord forestier de 500 millions de dollars avec le groupe de donateurs de l’Initiative pour la forêt d’Afrique centrale (CAFI) lors de la COP26 l’année dernière, qui a autorisé de nouvelles activités pétrolières et gazières dans la forêt tropicale. 

« Les conclusions sur Perenco sont accablantes non seulement pour la compagnie pétrolière, mais aussi pour le gouvernement congolais. Nous avons un gouvernement qui lit les rapports incriminants du Sénat congolais et de l’Université de Lubumbashi sur Perenco et qui dit “donnez-nous en plus” » , a complété Irène Wabiwa. « Le procès contre Perenco devrait inspirer le gouvernement congolais à prendre un virage à 180° sur les combustibles fossiles et aider à garder les compagnies pétrolières hors de notre pays.» Conclut-elle.

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Raphaël Mavambu, Media et Communication, Greenpeace Afrique, [email protected]